Kounke Diabar : le sec diabolique
N'Bao, l'épave du Thiwa, le petit Thiouriba, les Séminoles sont autant de noms qui évoquent des journées de chasse sensationnelles. Mais rien ne fera oublier Kounke Diabar, le sec diabolique. Partis à 6 heures du matin pour trois heures de navigation, nous sommes à 50 km des côtes. On nous a prévenus : il y a des requins…
Un banc de diabars ( prononcer djabars) dont les plus gros pèsent plus de cinquante kg évolue sur le sec. Tandis que deux d'entre nous, armés d'une lupara calibre 12, assurent la sécurité, le troisième tente sa chance. Le courant ne nous facilite pas la tâche. Les Diabars sont très nerveux.
Soudain, alors qu'une grosse carangue se débat sur la flèche de Pablo, un énorme requin taureau entre en scène et monte droit sur nous. Haidar plonge à sa rencontre, mais le requin se détourne et disparaît.
Je viens de flécher une autre carangue et le requin taureau ressurgit : il arrache la moitié de ma proie puis avale la tête avec la pointe de la flèche et ses deux ardillons. Pris par cet hameçon improvisé, le requin sonde presque à la verticale. Le fil se tend, entraînant la bouée sous l'eau. Nous remontons une flèche tordue, aux ardillons arrachés et décidons de lever le camp…Plus tard Hibnou me racontera comment un grand requin blanc faillit mordre de dépit la pirogue sur laquelle il remontait un diabar pris à la ligne. Mais rassurez-vous, si vous venez à Dakar, personne ne vous obligera à pêcher sur Kounke Diabar. Fabien Romano
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